dimanche 1 avril 2018

PERPINYA LA SANCH

                           En ce printemps particulièrement pluvieux, certes une bénédiction pour ce pays en manque d'eau mais d'un ennui profond pour qui aime marcher sans soulever un kilo de boue argileuse à chaque pas en suant sous un inconfortable poncho en plastique volant à tous les vents-j'en arrive même à  me promener sur des routes goudronnées -j'ai eu la curiosité d'aller à Perpignan le Vendredi saint faire la touriste sur le parcours de la procession de la Sanch ( du sang en VF) ; je résiste rarement à une bonne partie de rigolade!

                        En 1416, se crée à l'église Sant Jaume ( Saint Jacques)  de Perpignan une confrérie de pénitents: la confrérie de la Sanch (Preciosissima Sanch de Nostro Senyor Jesus Christ), consacrée à la Passion du Christ. Elle accompagnait et soutenait les condamnés à mort au supplice sous l'anonymat de la cagoule, les protégeant de la vindicte populaire et s'occupant des sépultures. De même, ils accompagnaient le Christ lors du chemin de croix qui avait autrefois lieu dans la nuit du Jeudi saint . Au XVIIIème siècle, les excès des flagellants poussèrent les autorités à limiter les processions .

                       Passent les années . En 1950, la procession renaît, mélange de folklore, d'attraction touristique et de foi pour les participants ( le visage des femmes est assez parlant ). Bref, un petit frisson morbide ...

                   Je disposais de la journée et pour une fois où j'étais à Perpignan sans avoir rendez-vous chez l'ophtalmo ou autre joyeuseté, j'ai pris le temps d'aller visiter le musée Rigaud qui a réouvert l'été dernier mais que j'ai boudé à cette époque à cause d'une exposition Picasso, on a sa dignité quand même! Surtout que j'évite soigneusement Perpignan en été...
                     Bref, par rapport à l'ancien musée: un massacre total de deux hôtels particuliers pour faire une horreur aseptisée de murs blancs qui tuent les tableaux, des tableaux des collections anciennes disparus alors que la place ne manque pas, mais, seul point positif: des tableaux de Rigaud qu'on ne voyait pas et d'acquisition récente, le remarquable portrait de son frérot Gaspard .


     

                    Quelques photos du centre historique:

          La loge de mer ( bourse des marchands) ex-Mac Donald il y 15 ans, et au premier plan une reconstruction de 1951.

involontaire imitation  d'une carte postale des années 60


Le   palais de la députation( Disputacio al general ou Generalitat)
architecture aragonaise de la seconde moitié du XVème siècle
d'une superbe austérité





L'inévitable Castillet, que je pourrais bien un jour caser dans un de mes tableaux ...


Pendant que dans les rues une sono diffuse en boucle pendant toute la journée un miserere de Delalande avec un son pourri , je m'achemine vers la cathédrale et le Campo Santo

bon, ce n'est pas celui de Pise mais j'aime bien cet endroit





L'architecture aragonaise n'intéresse pas tout le monde



Je sens le suspens à son comble, j'arrive donc à l'église Saint-Jacques , départ de la procession


 Amis du dolorisme et du KKK ,c'est parti!

                               
                                                                 Le sabre et le goupillon
                                          L'encagoulé en rouge est le regidor qui symbolise le condamné à mort .


 
Pas de musique hors celle, discrète, diffusée par les hauts parleurs municipaux; seuls ces quelques tambours en tête du cortège.






                                                           On n'est jamais trop jeune pour faire pénitence....



                                                 


intensité des visages des femmes

                                      Y a pas à dire, la caperutxa, c'est toujours seyant
                                     


                                                               Passera? Passera pas?


                                                               Passé!




                                 




                                                          "un oeil noir te regarde..."














                                                                   Ola, pére Ubu!


                                                            Aie aie aie , la porte!









Fini!

Je repartis par la place Cassagnes et redescendis ce quartier déshérité en croisant de temps à autre ce macabre carnaval ou cette haute manifestation spirituelle, c'est selon ! 






passage devant la casa Xanxo






Pour finir la journée en beauté, quelques scènes des "120 journées de Sodome"







Bon, j'en ai assez des plaisirs urbains, il commence à pleuvoir, je retourne sur ma colline. 

lundi 12 mars 2018

Espira de l'Agly

             Une déprimante incursion dans la zone commerciale de Claira m'a donné envie, sur le chemin du retour, de faire un petit crochet par Espira pour voir de près l'église du XIIème siècle, époque certes un peu mouvementée mais dépourvue de supermarchés et autres galeries marchandes, le Moyen-Age, quoi! C'est à dire une époque plus capable que la notre de générer de la beauté, si l'on veut bien considérer les choses de ce point de vue . Il y a-t-il une période où l'humanité fut moins à même de créer des espaces emprunts d'esprit -fors l'esprit du lucre où nous excellons- que la notre?  Il suffit de comparer un tag du métro et un dessins rupestre paléolithique et zou, CQFD. Je deviens efficace pour les raisonnements à la mitraillette, en ce moment!
            Revenons à notre romane, dont je n'ai pu visiter l'intérieur, je n'ai donc vu que le clocher construit par des Lombards- ça se remarque- le chevet plat et le portail. Quant aux éléments restant du cloître, le curieux ira les contempler au musée de Toledo, Ohio, USA.
             Ce n'est pas un bâtiment parfait mais sa simplicité et sa sobre élégance m'ont fait oublié sur le champ que je venais à peine de m'échapper d'un camp de concentration de la marchandise.












                 Un petit tour dans le village, tristounet sous le ciel gris et aux façades bousillées par le ciment. Deux photos de fenêtres courantes dans  la région de Perpignan , avec des ferroneries de qualité .






J'allais oublier, la photo du Bugarach de ce soir, par temps d'orage


dimanche 11 mars 2018

Aliens

25 février,

Je les sens, ils veulent entrer chez moi ; combien de temps la faible barrière du double vitrage pourra-t-elle me protéger de leur intrusion?
J'ai peur et ne peux attendre aucun secours.
Si je survis, je promets de ne plus jamais regarder de documentaire animalier.




jeudi 8 février 2018

Début d'année à Soulatgé

de la fenêtre de mon atelier









Le 8 février, sur 10 km à vol d'oiseau

soulatgé

Duilhac


Quéribus




dimanche 4 février 2018

LE CHATEAU D'AGUILAR

  23 janvier 2018

            Promenade de Tuchan au château d'Aguilar, par de petites routes. J'aurais pu y monter en voiture mais après deux jours sans sortie à cause de pluies incessantes, le plaisir de sentir le vent m'entraine sur les chemins. J'avais déjà tenté cette balade , mais au printemps et j'avais préféré y renoncer devant le ballet incessant de tracteurs munis de pulvérisateurs de produits chimiques. En ce moment, c'est encore l'époque de la taille des vignes, la voie est libre.
                  Les amandiers et les mimosas sont en fleurs, j'ai l'impression de changer de monde, pourtant ma colline n'est qu'à une trentaine de km par des route sinueuses.

Aguilar sur sa colline

L'image traditionnelle du Canigou émergeant du fond du paysage, toutes nos excuses aux admirateurs du Bugarach, on ne le voit pas de Tuchan.



Aguilar







 








un pauvre olivier secoué par le vent; un panneau interdit la visite par vent fort, d'ailleurs mais coup de chance, je n'étais pas concernée ce jour là, le vent n'était pas fort mais plutôt violent;  j'aime la précision... ceci dit, je n'ai pas trop traîné !






l'heure du déjeuner approche, je repère ce cabanon qui me coupera un peu du vent

coup de chance, s'il est dépourvu de toit , j'y trouve trois sièges et je m'installe à l'ombre de l'olivier

et reste un bon moment sans rien faire

pour le retour , je trouve un chemin qui surplombe le château


                                      fin de la visite, brève mais plaisante